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maman deuxfoisplus

Instants de vie d'une maman de 4 enfants dont une paire de jumeaux.

Parler de la mort avec mes enfants

Parler de la mort avec mes enfants

Hier, nous avons trouvé le cadavre d'un rat (tout mignon) que mon chat nous avait gentiment apporté comme trophée sur la terrasse, juste devant la baie vitrée... Merci le chat ! Et même si voir ce petit animal mort reste un peu triste, c'était l'occasion pour moi d'échanger sur la mort avec mes enfants.

 

En effet, ici j'essaie qu'il n'y ait pas de sujet tabou. Pas vraiment un choix préalable mais plus une intuition, quelque chose qui s'est fait naturellement.

Je veux que les enfants se sentent libres de poser leurs questions, et j'y réponds simplement et honnêtement. Que soit pour les menstruations, comment on fait les bébés ou la mort.

 

Déjà le mot « mort » n'est pas un gros mot ici. Quand quelque chose est mort, on le dit. Curieusement, quand ce sont des insectes ou des escargots cela suscite peu de questions, mais quand il s'agit d'un animal ou d'une personne, les questions fusent.

Je ne vais jamais engager moins même la discussion sur la mort ni même organiser une table ronde sur le sujet avec les enfants.

En général, le sujet arrive au décours d'une conversation, à la découverte d'un cadavre ou est amené par un des enfants.

Je ne devance pas leur questionnement. Je répond uniquement aux questions qu'ils me posent, sans entrer dans les détails, mais en leur disant simplement la vérité. Les enfants (en tout cas les miens) ne se posent pas encore des questions métaphysiques sur la mort, ils ont un questionnement très pratique (ce qui peut être déconcertant parfois) sur ce qu'on fait du corps, ce qu'il devient.

Il y a également une chose que je sais et à laquelle je fais attention, c'est ne pas utiliser des termes ayant rapport avec le sommeil quand on parle de la mort (il dort pour toujours, il ne se réveillera plus...) cela peut provoquer des angoisses et des difficultés d'endormissement chez les enfants.

 

Les premières questions sur la mort m'ont été posée par ma moyenne quand elle devait avoir environ 4 ans. Ma grande ne m'avait jamais trop posé de questions (l'occasion ne s'était-elle pas présentée??). Mais j'ai vu qu'elle montrait un grand intérêt pour les questions de sa sœur et mes réponses.

C'est arrivé quand elle a commencé à s'intéresser à la généalogie de la famille (c'est qui ton papa, le papa de ton papa, la maman de papa,...) et qu'elle a « appris » que mon grand-père était mort avant sa naissance. « C'est qui ton papy, pourquoi ta mamie habite toute seule ? Parce que mon papy est mort. Comment ? Il était très vieux et il avait une grave maladie qu'on ne peut pas soigner. IL est mort où ? A l'hôpital. » Voilà, cela lui suffisait, elle changeait de sujet.

Je me souviens d'autres conversations :

« Ma copine m'a dit que sa mamie était dans le ciel.

Sa mamie n'est pas vraiment dans le ciel, c'est une expression pour dire qu'elle est morte »

« Maman, est ce qu'on peut écraser des gens morts ? (Celle là, j'avoue que je ne m'y attendais pas!!!)

Tu veux dire : est ce qu'on à le droit ou est-ce que ça peut arriver ?

Les 2.

Non, on n'a pas le droit, mais en même temps, on ne laisse pas des gens morts au milieu de la route donc ça n'arrive pas.

Ah bon, mais on en fait quoi des gens morts ?

On les emmène à l'hôpital puis à la morgue.

Comment ?

Dans une voiture »

Une fois, nous avons vu un sanglier mort dans un champ près de la route :

« Comment il est mort ?

Je pense qu'il a eu un accident avec une voiture et qu'il est mort un peu plus loin.

Qu'est ce qu'il va devenir ? (c'est à ce genre de question que je reste pragmatique car les enfants parlent de son corps)

Il va sûrement rester là et se transformer en terre.

Les gens aussi on les laisse là où ils sont morts ?

Non, on les enterre dans des cimetières.

Ils deviennent aussi de la terre ?

Oui »

« Je ne veux pas mourir !

Moi non plus, je ne veux pas que tu meures. Et je ne vois aucune raison que cela arrive avant très longtemps quand tu seras vraiment très vieille »(bah oui quand même je ne vais pas lui dire qu'elle peut mourir demain!!)

 

 

Voilà le genre de conversations sur la mort que nous avons.

Cette fois, ce sont mes 2 petits (3 ans) qui ont posé leurs questions : Pourquoi il ne bouge plus, pourquoi il est mort, qu'est ce qu'on va en faire ? Le chat l'a tué, les animaux se tuent entre eux c'est la nature. Il ne bougera plus jamais parce qu'il est mort. Nous allons l'enterrer dans le compost, il se transformera en terre (ce fut chose faite...par mon mari!).

 

Cette envie de parler de ce sujet simplement et naturellement, je crois que c'est parce que moi la mort m'angoisse et je ne veux pas que ça les angoisse aussi. Je veux qu'il voit ça comme quelque chose de naturel, faisant partie du cycle de la vie.Je veux aussi anticiper des événements qui arriveront tôt ou tard (toujours trop tôt en vérité) la mort de quelqu'un à qui ils tiennent. J'aimerais qu'ils aient déjà les réponses à leurs questions avant que cela n'arrive, qu'ils n'aient alors que leur tristesse à gérer.

 

J'espère que ce billet peut vous aider si vous avez des difficultés à parler de la mort avec vos enfants.

N'hésitez à me parler de comment ça se passe chez vous et à échanger avec moi !

 

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J
Je t'avoue que je n'ai pas encore étudier la question d'aussi près car Charlie est encore tout petit mais je suis contente de te lire sur ce sujet important et ça me donne de premières pistes de réflexions.
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